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samedi 4 octobre 2014

Jenkins et Scritpler : comprendre l'execution en mode distribué

Pour la mise en place de jobs de construction un peu tordu, la définition dans Jenkins est vite compliquée à gérer.
Il est plus judicieux de créer de scripter son job dans ce cas. Groovy est un intéressant, notamment pour les développeurs issus du monde Java.

Scriptler permet d’exécuter des scripts Grrovy sur Jenkins. Il est intéressant sur plusieurs points :

  • Permet de centraliser les scripts à un même endroit. Facilite la maintenance et la réutilisabilité
  • Les scripts sont paramétrables.
  • les scripts sont commités sur un repo Git local accessible via http://MON_SERVER_JENKINS/scritpler.git à chaque modification. C’est idéal pour pouvoir par la suite pusher vers d’autres repos et assurer ainsi leur sauvegarde. Dommage pour ce point il n’est pas possible de créer de hooks pour pusher automatiquement vers un repository remote, car JGit (le moteur Git de Jenkins) ne prends pas en compte les hooks. Il faudra donc trouver une autre solution pour pusher les commits vers un repo remote (via un Job Jenkins par exemple)
  • offre la possibilité de gérer l’exécution sur le master ou le slave. C’est sur ce point qu’il est utile de connaitre quelques subtilités.
  • Le job Jenkins execute les scripts Groovy de scripter en les référencant dans un build Step.

Scriptler possède deux systèmes d’exécution de scripts, pas ou peu documenté, voici les subtilités à connaitre lors d’un exécution en mode distribué :

Execution sur Master

Appelé “Restriction - Script is always executed on Master“. Dans ce mode, le script s’exécute sur le master dans la même VM que l’exécution du Job :

  • On dispose de l’API de Jenkins pour interagir avec les informations de build (par exemple, renommer un build).
  • On dispose des logs de construction.
  • On dispose des variables d’environnements du build dispo via http://MON_SERVEUR_JENKINS/env-vars.html/?.
    Attention : certaines variables sont relatives à l’exécuteur. Par exemple, $WORKSPACE indique le chemin du workspace sur l’exécuteur et donc, en mode distribué, sur le slave d’exécution.
  • Si l’exécuteur est un slave, le workspace - et donc les sources - ne sont pas accessibles.

Execution sur Slave

Type de script par défaut. Dans ce mode, le script s’exécute sur la même machine que l’exécuteur Jenkins (donc le slave) dans une VM différente. Il s’agit à un mode equivalent à l’execution de script via une commande groovy externe, hors Jenkins.

  • On ne dispose pas de l’API Jenkins.
  • On ne dispose des variables d’environnements du build. Il faudra passer en paramètres du scripts les variables dont on a besoin.
  • On dispose du workspace et donc, de toutes les ressources checkoutées, construites, etc.
  • On n’as pas accès aux logs construction.

En mode distribué, on se rend compte donc de certaines limitations.
un exemple concret :
Lire une information d’un fichier du workspace pour alimenter une description de build n’est pas faisable en mode distribué. Les sources du workspace sont sur le slave, et l’API de modification de description de build n’y est pas disponible (elle est disponible seulement sur le master). Mon billet sur “Afficher la révision comme numéro de build” n’est donc pas fonctionnel en mode distribué… :-(

A suivre…

jeudi 10 octobre 2013

Formater du code Java avec JDT

Je continue ma série d'article sur l'industrialisation des générateurs de code commencé précédemment.
Dans l'article précédent je présentais comment analyser la syntaxe d'un code source Java afin d'effectuer un premier niveau de validation.
Dans cet article, nous allons voir comment formater son code de manière programmatique (en standalone), conformément à un formateur Eclipse. On va voir comment utiliser Eclipse JDT pour nous aider.

Mise en place du projet

Pour l'utilisation du formateur d'Eclipse, je m'appuie sur les librairies disponibles dans Eclipse Kepler. J'utilise les librairies suivantes :
  • org.eclipse.jdt.core_3.9.1.v20130905-0837.jar
  • org.eclipse.jface_3.9.1.v20130725-1141.jar
  • org.eclipse.jface.text_3.8.101.v20130802-1147.jar
  • org.eclipse.core.runtime_3.9.0.v20130326-1255.jar
  • org.eclipse.equinox.common_3.6.200.v20130402-1505.jar
  • org.eclipse.text_3.5.300.v20130515-1451.jar
  • org.eclipse.osgi_3.9.1.v20130814-1242.jar
  • org.eclipse.core.resources_3.8.101.v20130717-0806.jar
  • org.eclipse.core.jobs_3.5.300.v20130429-1813.jar
  • org.eclipse.core.contenttype_3.4.200.v20130326-1255.jar
  • org.eclipse.equinox.preferences_3.5.100.v20130422-1538.jar

Il est possible de formater son code Java en utilisant l'API directement depuis la ligne de commande. C'est ce qu'explique Peter Friese dans son article Formatting your code using the Eclipse code formatter.
L'idée est d'appeler l'API depuis la ligne de commande :
<path-to-eclipse>\eclipse.exe -vm <path-to-vm>\java.exe -application **org.eclipse.jdt.core.JavaCodeFormatter** -verbose -config <path-to-config-file>\org.eclipse.jdt.core.prefs <path-to-your-source-files>\*.java
C'est une approche qui pourrait répondre à nos besoins, mais dans mon cas, je souhaitais pouvoir exécuter depuis un process Java existant.

Avant de pouvoir appeler le formateur JDT, il faut d'abord récupérer les options de formatage. On a deux possibilités : utiliser les préférences du workspace ou utiliser un formateur XML.

Récupération des options depuis les préférences de workspace

Le fichier org.eclipse.jdt.core.prefs contient les préférences de formatage d'un workspace Eclipse.
Il est disponible dans le répertoire .metadata\.plugins\org.eclipse.core.runtime\.settings de votre workspace.
Il propose des options de formatage sous la forme Clé=Valeur. Ce fichier Properties peut donc être lu facilement avec l'API Properties de Java. L'objet Properties implémente Map<Object, Object>, on peut donc récupérer nos propriétés sous forme de Map très facilement avec un simple cast. L'API de formattage de JDT utilisant un Map<String, String>, cette approche nous simplifie le travail.
(je n'indique ici que le code utile...j'ai intentionnellement supprimé les catch et fermeture de flux pour faciliter la lecture)
private static Map<String, String> readPreferences(String filename) {

    File configFile = new File(filename);
    BufferedInputStream  stream = new BufferedInputStream(new FileInputStream(configFile));
    final Properties formatterOptions = new Properties();
    formatterOptions.load(stream);
    return (Map)formatterOptions;
}

Récupération des options depuis un formateur Eclipse

Pour la récupération d'options depuis un fichier de formateur Eclipse, le travail est un peu plus (mais à peine) compliqué.
Le fichier XML n'est qu'une autre représentation du fichier Properties dans laquelle chaque noeud setting propose le couple [clé,valeur] avec les attributs [id, value].
Un parsing du fichier permet donc d'en sortir une Map<String, String> sans trop de difficultés.

private static Map<String, String> readFormatter(String filename) {
    Map<String, String> options = new TreeMap<String, String>();
    DocumentBuilderFactory factory = DocumentBuilderFactory.newInstance();
    factory.setNamespaceAware(true);

    DocumentBuilder builder = factory.newDocumentBuilder();
    org.w3c.dom.Document doc = builder.parse(filename);
    XPathFactory xFactory = XPathFactory.newInstance();
    XPath xpath = xFactory.newXPath();
    XPathExpression expr = xpath.compile("//setting");
    Object result = expr.evaluate(doc, XPathConstants.NODESET);

    NodeList nodes = (NodeList) result;
    for(int i = 0; i < nodes.getLength(); i++) {
        Node id = nodes.item(i).getAttributes().getNamedItem("id");
        Node value = nodes.item(i).getAttributes().getNamedItem("value");
        options.put(id.getNodeValue(), value.getNodeValue());
    }
    return options;
}

Formater le code à partir des options

Une fois les options récupérées sous la forme d'un Map<String, String>, il suffit de récupérer un CodeFormatter avec createCodeFormatter(), puis de formater le code à partir du code source existant. Dans notre cas, nous formatons l'intégralité d'un fichier source (K_COMPILATION_UNIT). Le source formatté est récupéré par une gymastique : le TextEdit est appliqué à un Document, le code source est ensuite récupéré depuis le document avec get() sous la forme d'une chaine de caractère.

CodeFormatter formatter = ToolFactory.createCodeFormatter(options);
TextEdit textEdit = formatter.format(CodeFormatter.K_COMPILATION_UNIT, source, 0, source.length(), 0, null);
IDocument document = new Document(source);
textEdit.apply(document);
String formattedSource = document.get();

Conclusion

L'intérêt de pouvoir formater son code de manière programmatique simplifie le travail lors de la création d'un générateur de code. En effet, il n'y a plus besoin de se soucier de prendre en compte le formatage lors de la conception du générateur de code :ce formatage peut peut être fait en post-génération.
L'intérêt de pouvoir paramétrer son formateur et l'externaliser du générateur est autrement plus intéressant si l'on souhaite proposer plusieurs "saveurs de formatage" (idéal notamment pour les Centre de Service en SSII par exemple), car il permet de générer des sources compatibles aux conventions de codage de chaque client de manière très simple et à moindre coût.

les sources complètes sont disponibles sur Github.


mercredi 2 octobre 2013

Valider la syntaxe d'un source Java avec Eclipse JDT

Mettre en place un système de vérification syntaxique de code source est initialement tiré d'un besoin d'avoir un smoke test lors de la génération de code : une première étape permettant de valider à minima que mon code généré est OK. Si je sais que la syntaxe de mon fichier généré n'est pas bonne dès la génération alors il ne me sert à rien de l'intégrer dans mon IDE, ou même d'essayer de le compiler.

La solution est apparu en fouillant JDT pour un autre besoin (formater automatiquement du code d'après un formatter Eclipse...) : l'API de parsing AST de JDT fourni tout le nécessaire pour mon besoin, de manière complète et facile à utiliser.

Récupération des librariries Eclipse JDT

Eclipse met à disposition un ensemble de librairies qui peuvent être utilisées en standalone (j'entend par là, hors du contexte d'exécution d'Eclipse, sans lancer toute l'IHM Eclipse.) et donc tout particulièrement utile dans notre cas.
J'utilise les dernières librairies fournis dans Eclipse Kepler 4.3. Ces librairies ne sont pas disponibles dans les dépôts publics Maven (ou du moins, pas complétement ou de manière assez fouillie...). Je conseille donc de télécharger la dernière version d'Eclipse et de récupérer les librairies suivantes dans le répertoire plugins pour les intégrer à ce projet.
J'ai besoin des librairies suivantes  :
  • org.eclipse.core.contenttype_3.4.200.v20130326-1255.jar
  • org.eclipse.core.jobs_3.5.300.v20130429-1813.jar
  • org.eclipse.core.resources_3.8.101.v20130717-0806.jar
  • org.eclipse.core.runtime_3.9.0.v20130326-1255.jar
  • org.eclipse.equinox.common_3.6.200.v20130402-1505.jar
  • org.eclipse.equinox.preferences_3.5.100.v20130422-1538.jar
  • org.eclipse.jdt.core_3.9.1.v20130905-0837.jar
  • org.eclipse.osgi_3.9.1.v20130814-1242.jar

Comprendre l'API JDT et les problèmes de syntaxe

Le Parser AST d'Eclipse peut s'appuyer directement sur un source en String. Pour cela, il faut quand même le convertir en tableau de char.
  char[] sourceArray = source.toCharArray();
Nous aurions pu également tirer parti de la classe Util (org.eclipse.jdt.internal.compiler.util) qui nous propose de convertir directement le contenu d'un fichier sous la forme d'un tableau de char.
   char[] sourceArray = Util.getFileCharContent(file, encoding);
Nous utilisons le JLS 4 qui permet de parser les sources allant des versions Java 1.1 à 1.7.
Il faut, de plus spécifier une option de compilation pour indiquer le niveau de conformité des sources : en version 1.7 dans notre cas.
Le type de source est également indiqué : Nous pouvons parser une expression (K_EXPRESSION), une déclaration (K_STATEMENT), un corps de classe (K_CLASS_BODY_DECLARATIONS) ou, comme dans notre cas, une classe Java complète (K_COMPILATION_UNIT).
  ASTParser parser = ASTParser.newParser(AST.JLS4);
  Map options = new HashMap(1);
  options.put(CompilerOptions.OPTION_Source, CompilerOptions.VERSION_1_7);
  parser.setCompilerOptions(options);
  parser.setKind(ASTParser.K_COMPILATION_UNIT);
  parser.setSource(sourceArray);
La source est indiquée au parser grâce à son contenu indiqué dans sourceArray. La méthode createAST() crée un arbre syntaxique que nous pourrions explorer par la suite... mais ce n'est pas l'objet de cet article.
  CompilationUnit unit = (CompilationUnit) parser.createAST(null);
Ce qui nous intéresse ici, c'est de savoir quels sont les problèmes dans notre code source.  Attention à cette étape, seules les erreurs syntaxiques sont remontées (les erreurs de binding, d'imports, etc ne sont pas remonté lors de la remontée dans l'AST). L'analyseur syntaxique fourni par JDT est suffisamment robuste pour nous indiquer toutes les erreurs rencontrées lors du parsing de la classe via la méthode getProblems().
  IProblem[] pbs = unit.getProblems();
Si le tableau est vide, alors de problème de syntaxe. Sinon, les objets IProblem indiquent les portions de code en erreur.
  if(pbs.length > 0) {
      displayProblems(pbs, unit, source, out);
      return false;
   } else {
    return true;
   }
Nous allons donc afficher ces problèmes, pour l'instant en itérant sur chacune des erreurs pour l'afficher, indiquer la ligne de code en erreur et afficher un souligné pour mettre en avant la zone impactée.
La zone en souligné est récupérée depuis le IProblem via les méthodes getSourceStart() et getSourceEnd(). Nous utilisons la méthode utilitaire getColumnNumber() (disponible sur la classe CompilationUnit) pour nous indiquer  l'index de début et de fin par rapport à la ligne courante. Le libellé et le souligné sont affichés par rapport à ces infos.
    
private static void displayProblems(IProblem[] pbs, CompilationUnit unit, String source, PrintStream out) {
    for(IProblem pb : pbs) {
        displayError(pb, out);
        displayLine(source, pb.getSourceLineNumber(), out);
        displayEmphasize(unit.getColumnNumber(pb.getSourceStart()) , unit.getColumnNumber(pb.getSourceEnd()), out);
    }
}

private static void displayError(IProblem pb, PrintStream out) {
    out.append("line ");
    out.append(String.valueOf(pb.getSourceLineNumber()));
    out.append(" : ");
    out.append(pb.getMessage());
    out.append('\n');
}

private static void displayEmphasize(int start, int stop, PrintStream out) {
    int length = stop + 1;
    out.append("  ");
    for(int i=0; i < length; i++) {
        if(i < start || i > stop) {
            out.append(' ');
        } else {
            out.append('-');
        }
    }
    out.append('\n');
}
private static void displayLine(String source, int line, PrintStream out) {
    out.append("  ");
    String[] strlines = source.split("\n");
    out.append( strlines[line - 1 ]);
    out.append('\n');
}

Cas de test sur un exemple concret

J'ai créé un petit cas de tests avec plusieurs erreurs dans le morceaux de code ci-dessous.

package flo.test;
import 1flo.truc.*
import java.util.Date;

   sdf   
public class Toto {
int toto = 123_456;
Bla ex = new Bla();
Truc t ; 
Titi t2; 
private class Titi {}
}

Lors de l'analyse, le morceaux de programme nous remonte les erreurs dans le fichier source et indique les portions qui sont syntaxiquement erronées.

line 2 : Syntax error on token "1f", delete this token
  import 1flo.truc.*
         --
line 2 : Syntax error on token "*", ; expected after this token
  import 1flo.truc.*
                   -
line 5 : Syntax error on token "sdf", delete this token
     sdf   
     ---

Conclusion

L'API Eclipse JDT offre un cadre idéal pour mettre en place rapidement et facilement un système de validation de syntaxe Java (et bien plus encore !). Il n'y a plus qu'à intégrer cette vérification à la suite de notre génération de code pour assurer un premier niveau de validation des sources générées.

 Les sources complètes de la classe sont disponibles sur Github : https://gist.github.com/florentdupont/6799971

Si vous voulez aller plus loin sur l'utilisation de l'AST proposé par Eclipse JDT, je vous conseille l'article de Lars Vogel : Abtract Syntax Tree et Java Model qui explique rapidement les notions de JDT et l'utilisation du Pattern Visitor pour explorer votre arbre. Il regroupe aussi un grand nombre de liens utiles.

jeudi 26 septembre 2013

Suivre le développement des règles métier avec Dolphin et Jenkins

Update : une démo de la page statique est disponible à cette adresse : http://dolphindemo.flo.cloudbees.net/

Dolphin est un plugin Maven d'analyse d'annotations de suivi des exigences métier dans le code Java. Il permet d'assurer la traçabilité de règles métier depus les spécifications détaillées et le code. Il permet de connaitre quelle méthode implémente une règle métier particulière et le niveau d'avancement de celle-ci.

C'est un outil que j'ai développé afin d'assurer la traçabilité et avoir une idée de l'avancement de l'implémentation des règles métier au sein des projets.

Nous allons voir comment le mettre en place sur un projet, puis comment tirer parti de son usine logicielle et de Jenkins pour récupérer les indicateurs de manière automatisée en "quasi" temps réel.
Les sources de Dolphin sont récupérable à cette adresse : https://github.com/florentdupont/dolphin.

Enrichir le code avec l'API

 l'API comporte deux annotations :
  • @BusinessRule, pour la traçabilité des règles métier
  • @DevelopmentStatus, pour le suivi d'avancement.
L'annotation @BusinessRule indique les règles métiers implémentées sur une méthode. Cette annotation porte 2 attributs : 
  • id représente l'identifiant de la règle 
  • version représente la version de la règle. 
Par exemple :
  @BusinessRule(id="RG_0009", version="0.1")
  public void myMethod() {
      // blabla
  }

Si plusieurs règles sont appliquées sur une méthode, alors on peut indiquer les différents identifiants en spécifiant les valeurs multiples entre accolades {} : Dans l'exemple ci dessous, myMethod() implémente la règle RG_0009 en version 0.1 et la règle RG_0010 en version 0.2.
  @BusinessRule(id={"RG_0009", "RG_0010"}, version={"0.1", "0.2"})
  public void myMethod() {
    // ...
  }
L'annotation @DevelopmentStatus permet d'indiquer l'avancement d'un développement. L'annotation porte sur une méthode. Par exemple, une méthode en cours de développement :
  @DevelopmentStatus(StatusType.ONGOING)
  public void myMethod() {
    //...    
  }
Il existe 5 types de statut :

  •  TODO : méthode à implémenter 
  • ONGOING : méthode en cours de développement 
  • DONE : méthode implémentée, mais pas encore testée 
  • TESTED : méthode testée unitairement. Passe les tests unitaires 
  • INTEGRATED : méthode testée en intégration. Passe les tests d'intégration. 
Bien que les deux annotations pourraient être utilisées indépendamment, l'intérêt est évidemment de les utiliser conjointement afin de pouvoir bénéficier de l'avancement de l'implémentation des règles métier. L'exemple ci-dessous montre un exemple d'utilisation conjointe.
  public class MyClass {

    @BusinessRule(id="RG_0001", version="1.0")
    public void myMethod1() {
      // ...
    }

    @BusinessRule(id="RG_0016", version="1.0")
    @DevelopmentStatus(StatusType.DONE)
    public void myMethod2() {
      // ...
    }
}

Analyser les résultats

L'outil fait une analyse statique sur le code compilés (*.class). J'ai implémenté cette analyse en utilisant la librarie ASM qui permet de faire de l'analyse de Bytecode Java. L'utilisation d'une analyse statique depuis le Bytecode est plus complexe à mettre en oeuvre que de l'introspection (quoique...) mais elle présente surtout l'intérêt de pouvoir faire une analyse sans avoir à charger dynamiquement une classe. La classe peut donc très bien ne pas avoir ses classes liées chargées pour être analysée (ce qui est très utile lors de très gros projet et de Maven Dependency Hell...).

Une façon très simple de lancer l'outil, une fois installé, est de lancer la commande suivante : 

  mvn clean package -DskipTests com.dolphin:dolphin-maven-plugin:1.3:dolphin -DdolphinPrefix=com.mypackage.test
Le résultat de l'analyse est disponible dans le répertoire target/dolphin sous la forme d'un rapport HTML.

Le rapport HTML est une application HTML5 statique qui permet d'afficher une échelle du nombre de méthode analysées, ainsi que le status d'avancement de chaque méthode. Le tableau récapitulatif peut être trié par classe, par méthode, par règle ou par version. Il propose également une zone de recherche.
L'export XLS est également possible.

Intégration dans Jenkins 

L'intérêt est de pouvoir automatiser cette analyse et de l'intégrer dans Jenkins pour pouvoir disposer, de manière régulière et en quasi-temps réel, l'avancement.

Etant donné que Dolphin est disponible sous la forme d'un plugin Maven, il est tout à fait possible de l'intégrer à une construction Jenkins.

Voici un type de paramétrage pouvant être mis en place : 
Ce qui déclenche le Build : 
Scrutation de l'outil de gestion de version : H/20 * * * 1-5 
Build : 
Goals et options : 
  mvn clean package -DskipTests com.dolphin:dolphin-maven-plugin:1.3:dolphin -DdolphinPrefix=com.mypackage.test
Action à la suite de Build :
Archiver des artefacts : fichiers à archiver :
target/dolphin/**

C'est cette dernière étape qui va nous intéresser. Nous utilisons Jenkins comme "serveur Web", en mettant à disposition les fichiers HTML statiques directement accessible depuis ses constructions.
En cliquant sur index.html, on se rend compte que le résultat est accessible sur une URL du type :
http://MY_SERVER/jenkins/job/MY_JOB/BUILD_NUMBER/artifact/target/dolphin/index.html
On peut donc facilement, en gérant la rétention des constructions, garder une version de l'export par construction et ainsi garder un historique des différentes analyses Dolphin.

 L'intérêt pour le chef de projet est d'avoir une vision de la dernière analyse. Dans ce cas, on tire parti des URL Jenkins pour nous aider puisque Jenkins met à disposition les dernière construction sous un formalisme d'URL toujours identique, à savoir :;
http://MY_SERVER/jenkins/job/MY_JOB/lastSuccessfulBuild/artifact/target/dolphin/index.html
Ce lien peut ensuite être utilisé pour accéder rapidement aux résultats de dernière analyse, peu importe le numéro de construction utilisé par Jenkins, et notamment être utilisé directement depuis un tableau de bord par exemple.

samedi 21 septembre 2013

Jenkins & SVN : Afficher la révision comme numéro de build

Le numéro de build indiqué par défaut lors de la construction dans Jenkins est un numéro qui s'incrémente à chaque construction. Ce numéro - mis à part de nous indiquer à combien de construction nous sommes rendu - n'apporte pas plus d'information.


Ce qui serait utile, par contre, c'est de savoir rapidement à quelle version de source cette construction correspond afin de disposer d'une meilleure traçabilité entre Source SVN -> artefact Jenkins.
Aucun plugin ne permet de le faire actuellement, nous allons voir comment on peut cependant le mettre en place rapidement.

Retour sur les versions de SVN

Dans notre contexte, nous avons plusieurs projets disponibles sur un repository SVN. Chaque projet est donc sur un sous-répertoire depuis la racine du dépot. A chaque commit (peu importe sur quel projet), le numéro de révision du dépôt est incrémenté.
Ce numéro de révision est global : il permet de restituer l'état d'un repository à un révision donnée.
Pour chaque sous répertoire, nous disposons d'un second indicateur : Last Changed Revision qui indique le dernier numéro de révision qui à modifié le répertoire en cours

Nous pouvons récupérer ces informations depuis la ligne de commande en se positionnant sur un répertoire de source précédemment checkoutée :

$ svn info
Path: .
Working Copy Root Path: D:\projets\toto\source\
URL: http:/xxx/usvn/svn/toto/trunk
Repository Root: http://xxx/usvn/svn/toto
Repository UUID: a1ebbc07-6c76-4030-a489-aa0d2fd72fa2
Revision: 11372
Node Kind: directory
Schedule: normal
Last Changed Author: fdupont
Last Changed Rev: 11360
Last Changed Date: 2013-09-11 17:23:54 +0200 (mer., 11 sept. 2013)

Les informations qui nous intéressent apparaissent dans les champs "Revision" et "Last Changed Rev".

Prise en compte dans Jenkins

Pour la prise en compte dans Jenkins, il faudra ajouter le plugin Hudson Groovy builder

Dans la configuration du build, ajouter une Pre steps avec execution de script Groovy "System". Exécuter en tant que script "System" signifie que le script sera exécuté dans la même JVM que Jenkins, ce qui permet d'avoir la main sur les objets Jenkins. C'est ce qui va nous permettre de modifier le nom du build ainsi que sa description.

Les deux lignes suivantes sont les imports des packages jenkins.
  import hudson.model.*
  import hudson.util.*
Récupère l'instance du build courant
  def build = Thread.currentThread().executable
On récupère ensuite le workspace du build courant, c'est à dire le répertoire dans lequel les sources sont chéckoutée. Ce répertoire contient le répertoire .svn qui sera utilisé par la commande svn info.
  def workspace = build.getWorkspace()
En groovy, le moyen le plus simple d'exécuter une commande shell et de récupérer le résultat est de passer par une tâche Ant.
  def ant = new AntBuilder()

  ant.exec(executable: "svn", outputproperty: "output", dir: workspace){
    arg(line: "info")

  }
La sortie est récupérée depuis la variable "outputProperty" puis sert à alimenter la variable svnInfo.
  svnInfo = ant.project.getProperty("output")
On utilise ensuite des expression régulière pour récupérer le numéro de révision ainsi que le LCR (Last Changed Revision.
  def pattern = /Last\s+Changed\s+Rev:\s+(\d+)/
  def matcher = (svnInfo =~ pattern)
  def lcr = "Last changed revivion : <b>" + matcher[0][1] + "</b>"
  
  pattern = /Revision:\s+(\d+)/
  matcher = (svnInfo =~ pattern)
  def rev = "r" + matcher[0][1]
Le nom du build est ensuite modifié avec l'intitulé de la révision et la description est renseignée avec le LCR.
  build.setDisplayName(rev)
  build.setDescription(lcr)

Au complet, ça nous donne :
  import hudson.model.* 
  import hudson.util.*

  def build = Thread.currentThread().executable
  def workspace = build.getWorkspace()
  def ant = new AntBuilder() 

  ant.exec(executable: "svn", outputproperty: "output", dir: workspace){ 
    arg(line: "info") 
  }

  svnInfo = ant.project.getProperty("output")
  def pattern = /Last\s+Changed\s+Rev:\s+(\d+)/ 
  def matcher = (svnInfo =~ pattern)
  def lcr = "Last changed revivion : " + matcher[0][1] + ""

  pattern = /Revision:\s+(\d+)/ 
  matcher = (svnInfo =~ pattern)
  def rev = "r" + matcher[0][1]

  build.setDisplayName(rev)
  build.setDescription(lcr)


Lors de la prochaine construction, depuis la View, on verra bien apparaitre notre numéro de révision


Dans la vue Constructions, le LCR apparait en tant que description :




Note complémentaire : pour les ceux qui utilisent SVN depuis Windows, l'outil en ligne de commande est internationalisé et répondra donc en français. Pour restituer les sorties consoles en anglais, ajouter la variable d'environnement suivante :
  set LC_MESSAGES=en_US
L'article original : http://jayflowers.com/WordPress/?p=258